Jean-François Steiert (PS)


Les projets éoliens dans les Préalpes fribourgeoises

(Les avis des candidats au Conseil d’Etat)

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Réponses de Monsieur Jean-François Steiert


  1. Etes-vous favorable à un développement soutenu des technologies de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables et à un subventionnement important de ces dernières ? 

    OUI, à condition que cela ne se fasse pas au détriment de la sauvegarde du patrimoine bâti et des paysages à protéger. Cela vaut pour toutes les formes de production d'énergie, y compris pour les projets de centrales hydroélectriques. Je suis engagé à Berne, avec l'alliance Patrimoine et en tant que vice-président de la fondation Greina, pour concilier le développement des nouvelles technologies avec la notion de protection, ce qui implique aussi la réduction de certaines subventions aujourd'hui exagérées, p. ex. pour certains petites centrales hydroélectriques subventionnées largement au-dessus de leurs coûts réels selon un rapport de l'EMPA. 


  2. Hydroélectricité mise à part, quelles sont parmi les technologies citées ci-après celles qui vous paraissent le mieux à même de couvrir une notable part des besoins croissants de la Suisse et du canton de Fribourg en électricité : biomasse, éolien, géothermie, solaire (photovoltaïque) ?

    En l'état des connaissances, le solaire photovoltaïque a de loin le plus grand potentiel, avec 85% pour cent des toits de ce pays qui ne sont pas protégés et dont 80 % pourraient être affectés de manière efficace à la production d'électricité, à commencer par les grands bâtiments industriels et de services. Les potentiels de la biomasse et de l'éolien sont nettement moins importants. Quant à la géothermie, il me manque actuellement les données pour pouvoir évaluer son potentiel, notamment en tenant compte des risques inhérents à cette technologie.


  3. A vos yeux, l’importation d’une partie du surplus d’électricité, d’origine éolienne notamment, produit par les pays voisins est-elle  acceptable pour la Suisse ?

    Oui, à condition que cette énergie soit "propre" et que la question du transport soit résolue. En principe, les lignes de courant continu à très haute tension permettent de transporter le courant sur des distances importantes sans impact majeur pour le paysage, puisque leur enfouissement ne pose pas de problème techniques particuliers, comme le montrent les projets réalisés par des entreprises suisses au Nord de l'Europe. Je m'engage à Berne pour permettre d'accélérer les procédures pour les lignes réalisées de manière sous-terraine.


  4. Quel pourcentage de la consommation électrique actuelle du canton de Fribourg le site industriel éolien du Schwyberg couvrirait-il selon ses promoteurs ? Voire selon vous ? Et si l’on y ajoutait la production des sites envisagés à la Berra et au Cousimbert ?

    D'après les données que j'ai obtenues, les sites préalpins que vous évoquez ne représentent de loin pas un production suffisante pour pouvoir justifier l'impact, sur le paysage notamment, qu'ils occasionneraient.
     

  5. Qu’en est-il du potentiel en vent(s) de la Suisse :

    • Vous paraît-il important, moyen ou faible en comparaison avec celui des pays voisins ?

    Faible à moyen.
     
    • Vous semble-t-il meilleur en mer (off shore, pour des pays étrangers), en plaine ou en montagne ? 

    Off shore

    • Ce potentiel permettrait-il une production rentable d’électricité au Schwyberg ? 
    L’électricité produite serait-elle, par exemple, d’un coût inférieur, identique, deux fois plus élevé, trois fois plus élevé qu’en Allemagne ?

    Sans doute nettement plus élevé qu'en Allemagne - mais je n'ai pas de données sur ce point. 



  6. A votre avis, quelles seraient les principales conséquences environnementales – et seraient-elles acceptables – de la présence d’un site éolien sur les crêtes dominant le Lac Noir (Schwyberg)  :

    • sur le plan du paysage ?

    • sur celui de la flore et de la faune ?

    • sur celui du tourisme ?

    • sur celui de la valeur  de l’immobilier (bâti ou à bâtir) ?


    Négatives dans leur ensemble, et sans proportion avec le faible potentiel de production. 


  7. Pour vous positionner sur ces plans, avez-vous pris ou eu connaissance :

    • d’une maquette ou d’un modèle du site éolien envisagé sur les crêtes du Lac Noir ?

    • du rapport d’impact de ce site sur les oiseaux selon les experts de l’Observatoire ornithologique de Sempach?

    • d’un rapport officiel et neutre sur les réelles puissances et répartitions annuelles des vents sur la crête du Schwyberg  (voire sur celles du Cousimbert ou de la Berra) ?


    Je n'ai pas lu ces rapports, mais des résumés fournis notamment par des opposants en Singine. 


  8. Sachant que les cantons de Berne et de Vaud ont récemment exclu ou soustrait l’Oberland bernois et les Préalpes vaudoises de leur plan d’aménagement directeur éolien, seriez-vous favorable à l’exclusion des Préalpes du plan d’aménagement éolien du canton de Fribourg ?

    Je devrais examiner la question de manière précise, mais sur la base de mes réponses précédentes, cela me semble être un bonne idée. 


  9. En conclusion et au vu des considérations énoncées, quelles éventuelles solutions énergétiques alternatives souhaiteriez-vous proposer et défendre en priorité ?

    Comme déjà évoqué, un développement important du solaire photovoltaïque - associé à des mesures beaucoup plus importantes pour l'efficacité énergétique, notamment des bâtiments. A l'heure où le prix solaire est décerné à des bâtiments privés ou industriels qui atteignent des facteurs jusqu'à 1:7 (le bâtiment produit sept fois plus d'énergie qu'il n'en consomme), nous avons là un très grand potentiel tant pour l'énergie en général que pour l'électricité.